Pierre Maurice Aflalo, nouveau Président de la Chambre de Commerce Française en Suède
Pierre Maurice Aflalo est Directeur Général et propriétaire du Groupe Gents Wear qui est spécialiste et leader de marché en Suède dans la distribution “multibrand” des vêtements masculins et féminins de haut de gamme. Comme par exemple Armani, Kenzo, Moncler, Henry Cotton’s, voir www.gentswear.se
Au sein de ce groupe, ont été créés une marque en propre de vêtements féminins sous la griffe “Valérie” (www.valerie-stockholm.com), et une chaîne de boutiques prestigieuses avec des concepts individuels (www.dandv.se). Cette chaîne de magasins, dont la majeure partie se trouve dans le grand magasin NK (Nordiska Kompaniet) de Stockholm, est en plein essor.
Pierre Maurice Aflalo est très intéressé par l’immobilier, l’architecture et l’environnement. Le nouveau Président est aussi féru d’art modern avec une grande attraction, entre autres pour Ola Billgren et Max Book.
Quelques questions à Pierre Maurice Aflalo :
Vous venez d’être élu président de la CCFS. Quel est votre vision pour la Chambre les 5 années de venir ?
- La CCFS a montré un réel dynamisme et une montée en force ces 3 dernières années. Je vois un parcours dans cette continuité avec au moins un grand projet chaque année.
Dans quelle direction souhaiteriez-vous développer les activités de la CCFS ? Avez-vous des domaines de priorités ?
- Je voudrais mettre en place un plus grand intérêt au niveau des grandes autres régions de Suède telles celles de Göteborg et Malmö où j’ai vécu une grande partie de ma vie et où je jouis toujours d’excellents contacts. A partir de là, agrandir le champ d’action de la CCFS avec les PME Suédoises intéressées par un commerce avec la France.
Enfin, une mise au point d’une feuille de route pour une meilleure coordination avec Ubifrance qui fait également un excellent travail, n’oublions pas que l’union fait la force.
Vous vivez en Suède depuis plus de 30 ans. Qu’est-ce que vous a fait venir en Suède la première fois ? Une belle suédoise ? Les études?
- Franchement, j’ai été séduit par le modèle Suédois et non une Suédoise modèle...
Pourquoi avez-vous eu envie de rester en Suède ?
- Dans le milieu des années 70, la Suède avait encore la « pôle position » dans le monde et c’était mérité, toute personne attiré par l’ordre, la prospérité et l’égalité y trouvait son compte. Le climat ne répondait pas non plus aux exagérations de la légende. Par contre la lumière hivernale ou son manque me fait souvent fuir vers ma seconde résidence dans le Sud de la France.
Aujourd’hui vous vous considérez plutôt français ou plutôt suédois, ou bien 50/50 ?
- Je dois dire que si la France rencontre la Suède à Råsunda, je serai pour l’équipe de France. Autrement, je me sens aujourd’hui plutôt Européen, je parle plusieurs langues européennes couramment, cela contribue au mimétisme que je ressens dans les pays avec lesquels nous faisons notre commerce en Europe.
Qu’est-ce que vous appréciez le plus en Suède ?
- Ce que j’apprécie le plus est en fait le pourquoi de mon attraction dès le départ, c’est le civisme de la communauté suédoise. Plus tard, mon admiration a grandit pour ce tout petit pays qui a réussit a consolider sa présence par des marques et des idées d’affaires fortes, telles Ikea, H&M, Ericssson, SKF, Sandvik, ABB et une domination totale dans le transport avec Scania et Volvo, et j’en passe.
Une chose/habitude suédoise à laquelle vous vous n’habituez jamais ?
- Jantelagen...
Quel a été votre toute première expérience professionnelle ?
- Un stage chez « YSL pour Homme » - groupe Biderman à Paris.
C’est suite à cette expérience que vous avez décidé de travailler dans la mode ?
- Disons que lors de mes études à Lund, je travaillais les week-ends dans une boutique de prêt-à-porter masculin « Hamlet », j’ai vraiment eu contact avec le consommateur suédois, ses lacunes, ses besoins. Lorsque la proposition de prendre un rôle d’agent est venue du groupe Bidermann, j’ai vite évalué les chances de réussite et je ne me suis pas trompé...
Vous êtes un entrepreneur et vous avez introduit et établi plusieurs marques françaises sur le marché suédois. Pensez-vous que les marques et produits français sont sous-représentés en Suède ?
- Je suis absolument convaincu que les échanges commerciaux pêchent vraiment du côté de la France, et ce depuis trop longtemps.
À votre avis pourquoi le commerce français n’est il pas plus développé vers la Suède ou à l’international en général ?
- Pour commencer, il ya le culturel et la langue qui sont des obstacles même du côté Suédois. Grâce au tourisme, l’attraction de la France est devenue plus grande pour les Suédois, la France étant un pays européen de 60 millions d’habitants, ce marché est devenu incontournable pour la Suède.
J’ose dire que la faiblesse de l’export suédois par rapport à d’autres pays de la même densité que la France m’étonne aussi, et pas seulement les performances des Français en Suède. Là, je pense qu’il ya un jeu des priorités qui se fait naturellement au sein des entreprises françaises, il est plus facile de convaincre un conseil d’administration d’investir en Asie du Sud -Est qu’en Europe du Nord, considérée souvent à tord comme un marché intérieur acquis.